Au Canada, les détenus ont un risque beaucoup plus élevé d'infection par le VIH et le VHC (virus de l'hépatite C), puisque ceux qui consomment des drogues par injection sont privés d'accès à des seringues et aiguilles stériles — des instruments qui sont largement accessibles hors de prison afin que l'on n'ait pas à les partager. La plupart des détenus purgeant des peines fédérales au Canada réintégreront leurs communautés; et ils y rapporteront les maladies contractées en prison. Au bout du compte, cela peut nous toucher tous.

Simplement dit, la santé en prison c'est la santé de la communauté.

Des programmes de seringues en prison (PSP) ne servent pas qu’à protéger des détenus contre des infections. Ils protégeraient la santé et la vie de l’ensemble des Canadiens et Canadiennes. Or, en dépit de preuves écrasantes des bienfaits des PSP, aucune prison canadienne n’autorise encore la distribution de matériel d’injection stérile. Les recommandations adressées au Gouvernement du Canada de mettre en œuvre cette importante mesure de réduction des méfaits ont été rejetées.

Mais cela devra changer. Le 25 septembre, 2012, un ancien détenu, des partenaires communautaires ainsi que le Réseau juridique canadien VIH/sida ont intenté une action en justice contre le Gouvernement du Canada, pour son défaut de protéger le droit à la santé des détenus et de prévenir la propagation du VIH et du VHC dans les prisons fédérales canadiennes.

Cliquez sur les liens ci-dessus pour être mieux informés sur le droit à la santé des détenus, sur les PSP, sur l'action en justice et sur les manières de s'impliquer dans la campagne.

Mises à jour

Des programmes de seringues en prison : pourquoi?

le 9 juin 2015

Dans nos appels au Gouvernement du Canada pour protéger le droit à la santé des détenus par l’introduction de programmes de seringues et d’aiguilles en prison, il est essentiel de faire entendre les voix des personnes incarcérées dans des prisons canadiennes. Jarrod G. Shook, détenu dans un établissement fédéral, explique comment le gouvernement canadien échoue à protéger sa population carcérale, et doit agir immédiatement pour répondre à cet enjeu de vie ou de mort.

Des programmes de seringues en prison : pourquoi?

Par Jarrod G. Shook

Pourquoi donnerait-on une seringue à quelqu’un qui est en prison? N’envoie-t-on pas des gens en prison parce qu’ils ont enfreint la loi? Et les drogues ne sont-elles pas illégales? Alors pourquoi donnerait-on aux détenus le matériel nécessaire à s’injecter des drogues? Mais attendez… Pourquoi y a-t-il de la drogue en prison?

J’avoue qu’à première vue, l’idée d’un programme [de seringues en prison] peut sembler bizarre ou absurde, même pour moi qui suis détenu. Je ne peux qu’imaginer comment une personne qui n’est pas familière avec la vie derrière les barreaux pourrait réagir à cette suggestion. Lisez la suite ici.

Urgence santé en prison : programmes de seringues dans les prisons du Canada

Le 30 avril 2015, le Réseau juridique canadien VIH/sida a coparrainé cet événement connexe au Congrès annuel canadien de recherche sur le VIH/sida (ACRV 2015), en collaboration avec le Réseau canadien autochtone du sida (RCAS), le Native Youth Sexual Health Network, le Réseau d’action et de soutien pour les prisonniers et prisonnières vivant avec le sida (PASAN) et le Département de criminologie de l’Université Ryerson. Lisez le résumé de la session ici.

Regardons de plus près la réduction des méfaits en prison : pourquoi la distribution de seringues est une pratique exemplaireS

le 10 février 2015

Emily van der Meulen et Sandra Ka Hon Chu, celle-ci du Réseau juridique, ont publié un article de premier plan qui souligne la grande nécessité d’envisager des programmes de seringues en prison, dans le système carcéral du Canada, comme une pratique exemplaire de réduction des méfaits.

Nous vous invitons à lire l’article Réduction des méfaits derrière les barreaux : Les programmes de seringues et d’aiguilles en prison.

Nouveaux commentaires sur la réduction des méfaits dans les prisons canadiennes

le 10 février 2015

Tara Marie Watson, dans une série de trois articles, met en relief le besoin crucial d’envisager une réforme des politiques et programmes de réduction des méfaits dans les établissements correctionnels fédéraux, au Canada. Mme Watson s’intéresse depuis longtemps aux politiques en matière de drogue et aux populations carcérales; elle a de l’expérience en recherche liée aux programmes de santé publique pour les personnes qui consomment des drogues.

Sujet: La politique de réduction des méfaits dans les prisons fédérales

le 11 novembre 2014

Dans les établissements correctionnels, aux quatre coins du Canada, il existe un besoin identifié de programmes de seringues en prison (PSP). Le Service correctionnel du Canada a des obstacles en place, de sorte que des PSP ne puissent pas fonctionner dans le système carcéral. Le document « The politics of harm reduction in federal prisons » de Tara Marie Watson, examine ces obstacles de nature politique.

Nous sommes désolés, ce document n’existe qu’en anglais. Par ailleurs, il s’agit d’un abrégé – la version intégrale peut être achetée en cliquant ici.

The politics of harm reduction in federal prisons

By Tara Marie Watson
Centre for Criminology and Sociolegal Studies, University of Toronto

Abstract

Background: We need to understand better the political barriers to prison-based harm reduction programs. In this paper, I examine the situation in the Correctional Service of Canada (CSC), a federal prison agency with a zero-tolerance drug policy and general opposition to prison needle and syringe programs (PNSPs) and safer tattooing initiatives.

Methods: This study draws on 16 interviews with former CSC senior officials, former frontline staff, and external stakeholders; CSC policy and practice documents; and testimony from a House of Commons Standing Committee public study. Thematic coding and comparison of texts were used to examine emergent themes of interest.

Results: Four interrelated issues were central for understanding the political barriers: a narrower definition of harm reduction used in corrections, both in principle and practice; the Conservative government’s tough-on-crime agenda; strong union opposition; and stakeholder perceptions that political constraints will likely persist, including the view that litigation may offer the only way to introduce PNSPs.

Conclusion: The system is at an impasse and key questions remain about the importability of harm reduction services into federal prisons. Despite a highly challenging policy environment, moving forward will demand asking new, critical questions and devising more strategic ways of entering the political-operational dialogue that opposes evidence-based programs.

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James

«C'est facile de devenir dépendant des drogues en prison, à cause de l'atmosphère négative. Les gens sont déprimés et la drogue les aide à échapper à la réalité