AU CANADA, LES DÉTENUS COURENT UN RISQUE BEAUCOUP PLUS ÉLEVÉ D'INFECTION PAR LE VIH ET LE VHC (VIRUS DE L'HÉPATITE C) PUISQUE CEUX QUI S’INJECTENT DES DROGUES SONT PRIVÉS D'ACCÈS À DES SERINGUES ET AIGUILLES STÉRILES — DES INSTRUMENTS LARGEMENT ACCESSIBLES HORS DE PRISON POUR ÉVITER LE PARTAGE DE MATÉRIEL USAGÉ. LA PLUPART DES PERSONNES DÉTENUES DANS LES PRISONS FÉDÉRALES CANADIENNES RÉINTÉGRERONT LEURS COMMUNAUTÉS, AVEC LES MALADIES QU’ELLES AURONT CONTRACTÉES EN PRISON. AINSI, CETTE RÉALITÉ NOUS TOUCHE TOUS.

Simplement dit, la santé en prison c'est la santé de la communauté.

Les programmes de seringues en prison (PSP) ne serviraient pas qu’à protéger des détenus contre des infections. Ils protégeraient aussi la santé et la vie de l’ensemble des Canadiens et Canadiennes. Or, malgré les preuves écrasantes des bienfaits des PSP en provenance, de plusieurs pays où ils ont été instaurés avec succès, aucune prison canadienne n’autorise encore l’accès à du matériel d’injection stérile. Les recommandations adressées au Gouvernement du Canada de mettre en œuvre cette importante mesure de réduction des méfaits ont été rejetées.

Mais cela devra changer. Le 25 septembre, 2012, un ancien détenu, des partenaires communautaires ainsi que le Réseau juridique canadien VIH/sida ont intenté une action en justice contre le Gouvernement du Canada, pour son défaut de protéger le droit à la santé des détenus et de prévenir la propagation du VIH et du VHC dans les prisons fédérales canadiennes.

Cliquez sur les liens ci-dessus pour être mieux informés sur le droit à la santé des détenus, sur les PSP, sur l'action en justice et sur les manières de s'impliquer dans la campagne.

Mises à jour

Près de 250 organismes du Canada réclament des programmes de seringues en prison


1er juin 2016 — Près de 250 organismes canadiens ont signé une déclaration exhortant le gouvernement fédéral et ceux des provinces à mettre en œuvre immédiatement des programmes de seringues en prison (PSP) à travers le pays. Représentant les perspectives d’un vaste segment de la société civile canadienne, la déclaration met en relief les preuves accablantes d’ordre scientifique, empirique et de droits humains démontrant la nécessité que les gouvernements du Canada agissent sans délai.

Lire la déclaration avec signataires et lire le communiqué associé.

SIX MOYENS POUR LE CANADA D’INSTAURER MAINTENANT DES PROGRAMMES DE SERINGUES EN PRISON : UN RAPPORT

le 3 février 2016

Une recherche a conclu qu’il est sans contredit possible de mettre en œuvre des programmes de seringues en prison (PSP), pour fournir du matériel d’injection stérile aux détenus qui s’injectent des drogues et contribuer à prévenir la transmission du VIH et du virus de l’hépatite C (VHC); et qu’on devrait le faire dès maintenant.

Un rapport rendu public aujourd’hui présente les conclusions d’une étude de deux ans qui a impliqué une consultation sans précédent auprès d’un vaste éventail de parties prenantes, y compris des ex-détenus, des chercheurs canadiens et internationaux, des fournisseurs de soins de santé ainsi que des représentants d’organismes en VIH, enjeux autochtones, santé des femmes, réduction des méfaits et droits des détenus, de même que des visites de terrain dans des prisons de la Suisse.

Le rapport, publié seulement en anglais, s’intitule On Point: Recommendations for Prison-Based Needle and Syringe Programs in Canada, et est accessible en ligne ici. Consultez le communiqué de presse (en français) pour ce rapport ici.

Élections 2015 : Le droit des détenus à la santé — Réponses des principaux partis fédéraux du Canada

le 9 octobre 2015

Cet article de blogue fait parti d’une série publiée par le Réseau juridique canadien VIH/sida avant l’élection fédéral du 19 octobre 2015. Le Réseau juridique a récemment envoyé aux cinq principaux partis fédéraux un questionnaire pour connaître leur position sur des questions clés liées au VIH et aux droits humains. Quatre partis sur cinq ont répondu et le Réseau juridique partageo ici leurs réponses et ses commentaires. 

À travers le Canada, des programmes de seringues financés par le secteur public contribuent à prévenir la propagation de maladies infectieuses comme le VIH et le virus de l’hépatite C (VHC). Mais il n’existe pas de tels programmes dans les prisons canadiennes – et ce en dépit du fait que même les recherches du gouvernement fédéral démontrent que des drogues entrent dans les prisons malgré les efforts pour les en empêcher, et que plusieurs personnes incarcérées sont aux prises avec la toxicomanie et s’injectent des drogues (y compris au moyen d’instruments de fabrication artisanale et partagés).

Au Canada, les taux de prévalence du VIH et du VHC parmi les personnes incarcérées sont d’au moins 10 et 30 fois supérieurs, respectivement, à ceux de la communauté générale. S’ils étaient mis œuvre, des programmes de seringues en prison (PSP) offriraient aux détenus les mêmes services de santé que dans la communauté et créeraient un milieu de travail plus sécuritaire pour les employés carcéraux en réduisant le risque de blessures accidentelles avec du matériel d’injection non stérile partagé par plusieurs détenus.

Malgré l’existence de preuves convaincantes démontrant les bienfaits des PSP, à l’échelle mondiale, aucune prison canadienne ne permet la distribution de matériel d’injection stérile aux détenus. Le défaut persistant d’action des législateurs et des autorités carcérales du Canada nuit à la santé des détenus, viole des droits de la personne et occasionne des coûts considérables en traitement d’infections à VIH et à VHC qui auraient pu être évitées. Étant donné que la plupart des personnes incarcérées retournent éventuellement dans la communauté, la santé des détenus est également une préoccupation de santé publique générale.

Nous avons demandé aux principaux partis politiques s’ils allaient appuyer la mise en œuvre de programmes de seringues dans les prisons fédérales du Canada.

Tous les partis qui nous ont répondu étaient favorables aux programmes de réduction des méfaits, à des degrés d’engagement variables.

Le Nouveau Parti démocratique exprime son appui explicite : « Le NPD estime que la prévention des risques doit aussi se faire en milieu carcéral. Le fait de protéger la santé et la vie des détenus, du personnel carcéral et du grand public en prévenant le transfert des maladies infectieuses représente une question de réduction des risques et doit être traité comme tel. À cet égard, les avantages éprouvés scientifiquement des programmes de distribution supervisée de seringues s’appliquent autant aux milieux carcéraux qu’aux collectivités. Par conséquent, un gouvernement du NPD appuiera la mise en oeuvre de tels programmes. Leur interdiction représente une mauvaise politique publique et un risque inutile pour la santé humaine. »

Le Bloc Québécois appuie lui aussi explicitement les PSP, en affirmant simplement : « Le Bloc Québécois est favorable à l’idée de mettre en place des programmes d’échange de seringues dans les pénitenciers du Canada. »

Le Parti vert est également direct et sans équivoque dans l’expression de son appui : « Oui. Les pratiques de réduction des méfaits sont efficaces et on en a désespérément besoin dans nos prisons de plus en plus surpeuplées. Les droits des prisonniers sont des droits humains. Les prisonniers ne renoncent pas à leur droit de recevoir des soins de santé juste parce qu’ils ont commis un crime. En fait, leurs besoins et facteurs de risques de dépendance uniques et autres défis de santé justifient des services de santé spécialisés, y compris des programmes de seringues dans les prisons fédérales au Canada. » (Le Parti vert exprime également des critiques quant aux peines minimales obligatoires et aux mauvaises conditions d’emprisonnement comme la surpopulation et l’isolement en cellule ainsi que d’autres idées pour améliorer les politiques correctionnelles.)

Le Parti libéral affirme : « Nous reconnaissons qu’il existe des preuves irréfutables qui montrent que les programmes d’échange d’aiguilles et de seringues sont un moyen efficace de diminuer le partage de seringues entre les prisonniers ». Il ajoute que « toute modification doit se fonder sur des preuves qui montrent leur nécessité pour assurer la sécurité des Canadiennes et Canadiens ». Le Parti libéral promet également : « Nous examinerons également avec attention les assertions de groupes comme le Réseau juridique canadien VIH/sida selon lesquelles le gouvernement conservateur viole les droits des détenus en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés en refusant de dispenser des programmes d’échange d’aiguilles et de seringues dans les prisons. »

Le Parti conservateur du Canada n’a pas répondu à notre questionnaire.

Des programmes de seringues en prison : pourquoi?

le 9 juin 2015

Dans nos appels au Gouvernement du Canada pour protéger le droit à la santé des détenus par l’introduction de programmes de seringues et d’aiguilles en prison, il est essentiel de faire entendre les voix des personnes incarcérées dans des prisons canadiennes. Jarrod G. Shook, détenu dans un établissement fédéral, explique comment le gouvernement canadien échoue à protéger sa population carcérale, et doit agir immédiatement pour répondre à cet enjeu de vie ou de mort.

Des programmes de seringues en prison : pourquoi?

Par Jarrod G. Shook

Pourquoi donnerait-on une seringue à quelqu’un qui est en prison? N’envoie-t-on pas des gens en prison parce qu’ils ont enfreint la loi? Et les drogues ne sont-elles pas illégales? Alors pourquoi donnerait-on aux détenus le matériel nécessaire à s’injecter des drogues? Mais attendez… Pourquoi y a-t-il de la drogue en prison?

J’avoue qu’à première vue, l’idée d’un programme [de seringues en prison] peut sembler bizarre ou absurde, même pour moi qui suis détenu. Je ne peux qu’imaginer comment une personne qui n’est pas familière avec la vie derrière les barreaux pourrait réagir à cette suggestion. Lisez la suite ici.

Urgence santé en prison : programmes de seringues dans les prisons du Canada

Le 30 avril 2015, le Réseau juridique canadien VIH/sida a coparrainé cet événement connexe au Congrès annuel canadien de recherche sur le VIH/sida (ACRV 2015), en collaboration avec le Réseau canadien autochtone du sida (RCAS), le Native Youth Sexual Health Network, le Réseau d’action et de soutien pour les prisonniers et prisonnières vivant avec le sida (PASAN) et le Département de criminologie de l’Université Ryerson. Lisez le résumé de la session ici.

Regardons de plus près la réduction des méfaits en prison : pourquoi la distribution de seringues est une pratique exemplaireS

le 10 février 2015

Emily van der Meulen et Sandra Ka Hon Chu, celle-ci du Réseau juridique, ont publié un article de premier plan qui souligne la grande nécessité d’envisager des programmes de seringues en prison, dans le système carcéral du Canada, comme une pratique exemplaire de réduction des méfaits.

Nous vous invitons à lire l’article Réduction des méfaits derrière les barreaux : Les programmes de seringues et d’aiguilles en prison.

Nouveaux commentaires sur la réduction des méfaits dans les prisons canadiennes

le 10 février 2015

Tara Marie Watson, dans une série de trois articles, met en relief le besoin crucial d’envisager une réforme des politiques et programmes de réduction des méfaits dans les établissements correctionnels fédéraux, au Canada. Mme Watson s’intéresse depuis longtemps aux politiques en matière de drogue et aux populations carcérales; elle a de l’expérience en recherche liée aux programmes de santé publique pour les personnes qui consomment des drogues.

Sujet: La politique de réduction des méfaits dans les prisons fédérales

le 11 novembre 2014

Dans les établissements correctionnels, aux quatre coins du Canada, il existe un besoin identifié de programmes de seringues en prison (PSP). Le Service correctionnel du Canada a des obstacles en place, de sorte que des PSP ne puissent pas fonctionner dans le système carcéral. Le document « The politics of harm reduction in federal prisons » de Tara Marie Watson, examine ces obstacles de nature politique.

Nous sommes désolés, ce document n’existe qu’en anglais. Par ailleurs, il s’agit d’un abrégé – la version intégrale peut être achetée en cliquant ici.

The politics of harm reduction in federal prisons

By Tara Marie Watson
Centre for Criminology and Sociolegal Studies, University of Toronto

Abstract

Background: We need to understand better the political barriers to prison-based harm reduction programs. In this paper, I examine the situation in the Correctional Service of Canada (CSC), a federal prison agency with a zero-tolerance drug policy and general opposition to prison needle and syringe programs (PNSPs) and safer tattooing initiatives.

Methods: This study draws on 16 interviews with former CSC senior officials, former frontline staff, and external stakeholders; CSC policy and practice documents; and testimony from a House of Commons Standing Committee public study. Thematic coding and comparison of texts were used to examine emergent themes of interest.

Results: Four interrelated issues were central for understanding the political barriers: a narrower definition of harm reduction used in corrections, both in principle and practice; the Conservative government’s tough-on-crime agenda; strong union opposition; and stakeholder perceptions that political constraints will likely persist, including the view that litigation may offer the only way to introduce PNSPs.

Conclusion: The system is at an impasse and key questions remain about the importability of harm reduction services into federal prisons. Despite a highly challenging policy environment, moving forward will demand asking new, critical questions and devising more strategic ways of entering the political-operational dialogue that opposes evidence-based programs.

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James

«C'est facile de devenir dépendant des drogues en prison, à cause de l'atmosphère négative. Les gens sont déprimés et la drogue les aide à échapper à la réalité